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Immobilier

Logement étudiant : jusqu'à 50 dossiers pour un seul studio

À quelques semaines de la rentrée universitaire, une enquête d'ERA Immobilier auprès de ses agences de Bordeaux, Strasbourg, Nantes et Toulouse décrit un marché saturé : les studios bien placés partent en quelques jours et les candidatures s'empilent. Pour les familles, la course commence désormais dès les résultats Parcoursup, en juin.
 

Le compte à rebours a commencé pour des milliers de familles. Dans une enquête publiée fin juillet, le réseau ERA Immobilier a interrogé ses agences de Bordeaux, Strasbourg, Nantes et Toulouse sur l'état du marché locatif étudiant. Le tableau est sans appel : à Bordeaux comme à Toulouse, un seul studio peut recevoir jusqu'à 50 candidatures. À Strasbourg, chaque petite surface bien située attire une vingtaine de dossiers complets. À Nantes, la concurrence reste vive et les prix soutenus. Partout, le même constat : les logements les plus recherchés partent en quelques jours, parfois en quelques heures.
 

Cette bousculade s'explique d'abord par la démographie. Les universités françaises accueillent 1,67 million d'étudiants à la rentrée 2025-2026, soit 2,6 % de plus en un an, selon le ministère de l'Enseignement supérieur. Au total, l'enseignement supérieur compte près de 3 millions d'inscrits, et la courbe devrait continuer de monter dans les prochaines années. Or l'offre de logements peine à suivre, et c'est le parc locatif privé, celui des particuliers bailleurs, qui joue le premier rôle pour loger ces jeunes. Quand ce parc se contracte, la file d'attente s'allonge devant chaque studio.
 

Où sont passés les studios ?
L'offre de petites surfaces se raréfie pour des raisons bien identifiées. À Bordeaux, une partie des studios a quitté la location classique au profit de la location touristique, plus rémunératrice pour les propriétaires. « Le principal défi sera de proposer davantage de logements à des prix cohérents, notamment en remettant sur le marché des petites surfaces aujourd'hui destinées à la location touristique », observe Amandine Collomb, du service location de l'agence ERA Grand 10 Immo.
 

À Toulouse, Yannick Jonquières, directeur d'ERA Immobilier Jonquières & Co, pointe un autre frein : « Pour redynamiser le marché du logement étudiant à Toulouse, il est essentiel d'alléger les contraintes pesant sur les investisseurs privés. Sans leur engagement, l'offre locative ne pourra pas répondre durablement aux besoins croissants des étudiants. » La mécanique est connue : quand un bailleur hésite entre louer à l'année, vendre ou passer en meublé touristique, chaque contrainte supplémentaire réduit le stock disponible pour les étudiants.
 

Côté budget, comptez environ 470 € hors charges pour un studio de 20 m² à Toulouse, 600 € à Strasbourg comme à Nantes. À Bordeaux, les montants constatés s'étalent de 500 à 1 000 € selon les profils. Sans surprise, le loyer et la localisation arrivent en tête des critères de recherche, loin devant le reste.
 

Chercher le plus tôt possible
Le calendrier s'est déplacé. Les recherches démarrent désormais dès les résultats Parcoursup, en juin. Les familles qui attendent la fin de l'été se retrouvent face à un marché déjà écrémé, où ne subsistent que les biens chers ou mal placés. À Nantes, Pascal Di Domenico, directeur d'ERA Immobilière de la Sèvre Nantaise, va plus loin : « Le marché reste tendu et toujours plus cher. Les étudiants ont tout intérêt à réserver leur logement dès avril ou mai afin de mettre toutes les chances de leur côté. »
 

Autre levier : élargir le périmètre. À Strasbourg, où la détente observée en 2026 reste toute relative, Damien Oswald, directeur de l'agence ERA des Malteries, invite les étudiants à « anticiper leurs recherches et élargir leur périmètre le long des lignes de tramway ». Un studio à quinze minutes du campus coûte souvent moins cher et échappe à la cohue des quartiers centraux. Préparer son dossier avant les visites compte tout autant : à Strasbourg, ce sont bien des dossiers complets, garants et justificatifs inclus, qui se comptent par vingtaines sur chaque studio meublé bien placé.
 

Pour Eric Allouche, directeur exécutif du réseau ERA Immobilier, le sujet dépasse d'ailleurs la rentrée 2026 : « Les difficultés d'accès au logement étudiant ne relèvent plus d'un simple phénomène saisonnier. Elles traduisent un déséquilibre durable entre une demande en hausse et une offre insuffisante. » Il plaide pour faciliter la remise sur le marché de logements accessibles et relancer l'investissement locatif, condition selon lui de l'attractivité des métropoles universitaires. En attendant, les familles n'ont guère le choix : sur ce marché-là, celui qui s'y prend en septembre arrive après la bataille.